BIOGRAPHIE COURTE: BOB MARLEY

BIOGRAPHIE COURTE: BOB MARLEY
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Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d'être métisse, pris entre deux mondes qui s'ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes.
Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.
Bob Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d'auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant d'énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.
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# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:32

Modifié le mardi 14 avril 2009 12:59

DEBUT DE SON STYLE MUSICAL (1)


Jusqu'en 66, d'ailleurs, la musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin' razor, l'hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I'm the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d'artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style 'rocker' pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – "Gad the prophet" pour les Rastas et fondateur de l'Eglise des 12 tribus d'Israël – poursuivit l'éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d'avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie.
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# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:34

Modifié le mardi 14 avril 2009 12:51

POPULARITE AVEC LES WAILERS

A la fin des années 60, les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain populaire à faire de la philosophie et des rythmes rastas le fondement de leur musique. Les Wailers avaient accompli un chemin musical et spirituel d'envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et infléchissant l'évolution du reggae comme aucun autre artiste. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s'époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique.
:: Wailers inna Ingland ::
En 72, alors que les Wailers travaillent sur une musique de film pour Nash en Angleterre, celui-ci les laisse en plan, partant aux États-Unis pour la promo d'un de ses disques. Les Wailers sont au bout du rouleau : Peter et Bunny ne supportent plus la grisaille londonienne, et veulent rentrer au pays. Déprimés et fauchés, les Wailers sont au point de rupture, lorsque Bob décide d'aller voir Chris Blackwell, le patron d'Island, une toute jeune maison de disque. Fils d'une famille de planteurs jamaïcains, élevé sur l'île et fan de ses musiques populaires, Blackwell connaît évidemment les Wailers. Il les engage, leur concède une avance et se montre pressé d'entamer une collaboration prometteuse.
Bob Marley et les Wailers éditeront une dizaine d'albums chez Island. Tous furent disques d'or (500 000 albums vendus) en Europe et au Canada. Deux furent disques d'or aux États-Unis (Rastaman Vibration et Uprising).
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# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:35

Modifié le mardi 14 avril 2009 12:51

SON CANCER..ET SON IMPLICATION POUR LA PAIX DANS LE TIER MONDE

   SON CANCER..ET SON IMPLICATION POUR LA PAIX DANS LE TIER MONDE
A la fin des années 70, Bob apprend qu'il est malade. Atteint d'un cancer, il sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il décide de poursuivre son ½uvre, soucieux d'exploiter au mieux le laps de temps dont il dispose, pour aider ceux qu'il a toujours défendus.

:: The Heroes ::
En 78, la délégation sénégalaise aux Nations-Unies attribua à Bob Marley la médaille de la paix dans le tiers-monde (Third World peace medal) en remerciement de son influence en tant qu'artiste au service de la révolution. Pour le Zimbabwe, Marley organisa un concert au Boston' Harvard Stadium afin de récolter des fonds pour la nouvelle Nation.

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:35

Modifié le mercredi 04 février 2009 10:42

TENTATIVE D'ASSASSINAT

TENTATIVE D'ASSASSINAT
:: 5 décembre 1976 : La tentative d'assassinat de Bob Marley en plein concert ne l'empêche pas de conclure sa performance mais le contraint à l'exil ::

Cet événement historique témoigne de la violence endémique qui règne en Jamaïque et qui conditionne le contexte social, politique et culturel dans lequel le reggae s'est développé.
Bob avait accepté de participer au Smile Jamaica concert, programmé au National Heroes Park de Kingston le 5 décembre 1976. Bien qu'il se défende de faire de la politique, Le concert apparaît clairement comme un soutien de Bob au gouvernement de l'époque, dirigé par Michael Manley, le leader du parti de gauche, le PNPN. L'affiche du concert 'Smile Jamaica' contenait d'ailleurs la mention suivante : 'Concert presented by Bob Marley in association with the Cultural Department of the Government of Jamaica'. Bob reçut des menaces de mort de la part des hommes de main du JLP, le parti de droite, convaincu que cette publicité faite à leurs adversaires politiques leur permettrait de gagner les élections à venir.

Quelques jours avant le concert, Bob et sa famille sont victimes d'une tentative d'assassinat à leur domicile, au 56 Hope Road. Un homme armé débarqua et se mit à tirer sur les personnes présentes. Don Taylor, le manager des Wailers, reçut quatre balles. Rita Marley fut également blessée de plusieurs balles. Bob, lui, fut touché à la poitrine et au bras gauche. Lewis Griffith, un ami de Bob, fut également blessé, assez sévèrement. Heureusement, personne ne fut tué cette nuit là. Choqué, tous se réfugièrent dans les montagnes au-dessus de Kingston, pour se mettre à l'abri. A ce moment, les Wailers ne savent plus s'ils doivent participer au concert.

Lorsque le moment de jouer arrive, c'est le groupe Third World qui débute le concert, Bob, Bunny et Peter étant absents. Burning Spear, également inscrit au programme, n'est pas là non plus. Attirée par l'affiche, plus de cinquante mille personnes s'amassent pourtant sur le lieu de l'événement. Finalement convaincu de venir par talkie-walkie – il peut entendre la foule réclamer sa venue – Bob descend à Kingston escorté par la police, dans une Volvo rouge où Bunny et Peter ont également pris place. Prévenue de l'arrivée imminente des Wailers, la foule de Heroes's Park exulta, donna à l'instant une profonde intensité.

Lorsque Bob arriva sur scène, il s'adressa au public pour affirmer sa neutralité et apaiser les conflits latents.

Affaibli, incapable de tenir sa Gibson à cause de sa blessure, Bob annonça qu'il ne jouerait qu'une chanson. Sur ce, il entama un set époustouflant de 90 minutes, ouvert avec War. Heureux, victorieux et rigolard, Bob quitta la scène en mimant un cow-boy en plein duel, exhibant sa blessure puis partant dans une danse africaine. Après ce succès, Bob s'envola pour Londres, où il devait séjourner 18 mois, à l'abri des violences de la Jamaïque.

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:39

Modifié le samedi 18 avril 2009 08:33

ANNEES NOIRES( 1980 A 1981) (VIDEO DE SES FUNERAILLES)

En septembre 80, Bob Marley donne son dernier grand concert au Madison Square Garden de New-York, devant 20 000 personnes. Le jour suivant, il est pris d'un malaise alors qu'il court un jogging dans Central Park. Quelques jours après, il a un nouveau malaise, cette fois lors d'un concert, à Pittsburgh, au cours de ce qui devait s'avérer être son dernier show. Bob lutta plusieurs mois contre la maladie, un cancer du cerveau, dans la clinique du Dr. Joseph Issel, en RFA. Il mourut le 11 mai 1981 à Miami, au cours d'une escale alors qu'il rejoignait la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. Il avait 36 ans. Il fut enterré dans un caveau à St. Ann, près de la maison familiale, par sa femme, Rita, qui l'embauma comme les Égyptiens et les Africains le faisaient pour leurs rois.

Sa mort fut ponctuée de célébrations divers. Le mercredi 20 mai fut un jour de deuil national. Une cérémonie officielle eut lieu au Stade national, en présence de Sir Florizel Glasspole, le gouverneur général, de Michael Manley, le leader de l'opposition, et d'Edward Seaga, le premier ministre. Ce dernier annonça l'érection d'une statue en l'honneur de Bob Marley, la première du genre, dans le Jamaica Park. Il conclut en disant "May his soul find contentment in the achievment of his life and rejoice in the embrace of Jah Rastafari". A ce moment, les milliers de Rastas venus rendre un dernier hommage à leur prophète acclamèrent Jah en reprenant en ch½ur "Rastafari ! Rastafari !". Dans la mort, la société officielle reconnaissait finalement Marley et son Dieu.

Agacés par cette forme de récupération, les Wailers poussèrent les barrières de police, prirent le cercueil dans lequel reposait Bob Marley et l'embarquèrent sur une camionnette. Ils partirent, suivis par un cortège incroyable, fait de bus, de voitures, de motos, de vélos et de gens courant derrière cette procession motorisée qui s'enfonçait dans le c½ur de la Jamaïque, en direction des montagnes natales de Bob. Edward Seaga, décidé à ne pas se laisser écarter de l'événement, se fit transporter par hélicoptère jusqu'au temple qui devait accueillir la dépouille. Ce faisant, il arriva avant tout le monde, évitant le trajet sous le soleil, au milieu de la foule. La cérémonie eut lieu dans le plus grand désordre, une foule de plus de 10 000 personnes priant et chantant pour le départ du Dieu du reggae, tandis que les forces de police, à cheval, faisaient mine de vouloir ramener un ordre que personne n'entendait troubler.

FIN

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 09:36

Modifié le samedi 18 avril 2009 08:35